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Jean-Pierre Keimeul

L’Atelier d’Emmanuelle « Pequeña America », un rêve chilien Alejandro Decinti est né au Chili en 1973. Sa jeunesse s’imprégnera de la dictature. Son catalogue d’expo ne fait pas par hasard référence à un poème de Pablo Neruda « Pequeña America » avec toutes les contradictions que cela signifie.

C’est à Madrid qu’il réside, travaille sa peinture et crée une école d’art. Un très grand talent dans une petite galerie liégeoise, cela se souligne. La présence de ses toiles à Liège déverse un bonheur de couleurs, des éblouissements qui nous renvoient tout autant à la peinture flamande qu’aux œuvres de Goya.

L’être humain dévore ses toiles. La sensualité devient ombre. Hommes et femmes, hautains et pathétiques, enfants angéliques et purs, tristes et sensuels. Le sang chez ce Latino n’échappe pas à la tauromachie mais il y porte un regard en partie étranger, intellectuel.Le rouge chez lui n’est pas ipso facto synonyme de sang. Il peut s’épancher dans des bleus maléfiques respirant le bonheur apparent. L’ensemble de ses tableaux et personnages lorsqu’ils croquent l’Amérique rejoint les couleurs des années trente côté haute société, croulant sous les cocktails et la défonce d’une intelligentsia pétrie dans un ennui profond. Sublime et inquiétant. Il suffit d’entrer dans la toile mais s’avère dangereux d’en ressortir. Un artiste fabuleux…

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